Podcast | L'efficacité énergétique des data centers : un tournant réglementaire

La numérisation des économies a considérablement augmenté la demande en services dématérialisés, entraînant une expansion rapide des besoins en data centers (centres de données). Pour répondre aux défis liés aux consommations énergétiques en forte croissance de ces infrastructures et aux émissions de gaz à effet de serre (GES) induites, ainsi qu'aux autres impacts environnementaux associés, la législation européenne a introduit des mesures pour améliorer leur efficacité énergétique.

Une directive européenne

Une directive européenne impose désormais des exigences de transparence accrues pour les opérateurs de centres de données. Ils devront déclarer divers indicateurs clés, tels que l’indicateur d’efficacité énergétique (PUE), la consommation d’énergie, l’utilisation de puissance, les consignes de température, la récupération pour utilisation de la chaleur résiduelle (aussi dénommée chaleur fatale), la consommation d’eau, l’utilisation d’énergies renouvelables, ainsi que le volume annuel de données traitées. Ces obligations visent à améliorer la transparence et la responsabilité environnementale des centres de données.

Mise en place de systèmes de management de l’énergie (SME)

Les entreprises de plus de 250 salarié.e.s étaient déjà tenues de réaliser un audit énergétique tous les quatre ans depuis 2012. La directive révisée va plus loin, en imposant un système de management de l’énergie (SME) pour les entreprises dont la consommation annuelle moyenne dépasse 23,6 GWh au cours des trois dernières années. De plus, les entreprises consommant plus de 2,7 GWh par an devront réaliser un audit énergétique, sauf si elles ont déjà mis en place un SME. Les entreprises avec un contrat de performance énergétique (CPE) seront exemptées de ces obligations. Les nouvelles installations ou rénovations de centres de données d’une capacité supérieure à 1 MW doivent utiliser la chaleur résiduelle, sauf impossibilité technique ou économique. Les centres de données de plus de 500 kW devront publier des rapports annuels sur leur performance énergétique à partir de mai 2024. Ces mesures visent à promouvoir l'utilisation efficace de l'énergie et à réduire les émissions de GES. La directive prévoit également des économies d'énergie de 1,5 % par an pour les États membres, avec des augmentations progressives. En France, la transposition de la directive est prévue pour octobre 2025. Les entreprises concernées sont encouragées à se conformer aux nouvelles normes avant cette date, pour bénéficier des aides actuelles à la mise en place des systèmes de management de l'énergie.

Des adaptations stratégiques pour les centres de données

Ces changements nécessitent des adaptations stratégiques pour les centres de données et les DSI. Ils devront investir dans des technologies de récupération de chaleur et optimiser l'utilisation de l'énergie. Bien que cela représente un défi financier, ces mesures offrent des opportunités d'innovation et peuvent améliorer la compétitivité des entreprises européennes. La valorisation de la chaleur fatale peut réduire les coûts énergétiques et bénéficier de subventions via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).

Accéder au règlement délégué de la première phase de la mise en place d’un système commun de notation des centres de données à l’échelle de l’Union Européenne

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